08 janv. 2020

Vie Urbaine, Vi(ll)e Humaine #2 : Évolution de la demande urbaine : personnalisation, usage, partage, mobilité.

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Retrouvez l’essentiel de la seconde émission organisée en partenariat avec Radio Immo.

Mobilité, inclusion, climat, démographie… tant de défis auxquels doit répondre la ville du XXIè siècle.

Comment construire une urbanité tout en conservant son humanité ?
Comment l’immobilier peut devenir le relais privilégié entre la ville et l’humain ? Quel avenir voulons-nous construire ? Quelle vie voulons-nous ?

Autant de questions auxquelles le cycle d’émissions « Ville Urbaine, Vi(ll)e Humaine" aspire à répondre, ou du moins à suggérer des pistes de réflexion.

Pour cela des invités apporteront leur regard et leur analyse sur l’urbanité de demain : architectes, promoteurs, entreprises de la tech, aménageurs public et privés, sociétés de services, sociologues, anthropologue, philosophe et politiques etc …

Dans cette émission, les invités Sonia Lavadinho (Fondatrice de Bfluid) et Alain Maugard (Président de Qualibat) ont échangé avec Christian Cleret et Benjamin Delaux sur l’évolution de la demande urbaine.

Le décalage entre le “squelette” et le “métabolisme” de la ville au coeur de la tension urbaine.

Pour Christian Cleret (Président de l’ADI), pour initier un début de réflexion sur une meilleure urbanité, plus vivable pour ses habitants, il est indispensable de mettre en lumière la tension qui existe entre le temps d’évolution de la morphologie de la ville et le temps dévolution de son métabolisme.

En effet, le temps de réalisation des infrastructures, de rotations de l’immobilier, est un temps long qui se compte en décennies. La ville dans son « squelette » évolue donc assez lentement.
En parallèle, son métabolisme, son mode de fonctionnement, évolue lui à très grande vitesse.
Il prend comme exemple l’apparition récente et soudaine des trottinettes et d’autres moyens de locomotion en libre service, qui n’existaient pas en ville il y a quelques années.

Par ailleurs, il y a pour lui un déplacement de la frontière de responsabilités entre public et privé. Alors que le secteur public s’intéresse au très long terme, les opérateurs privés sont pilotés par des objectifs de rentabilité à très court terme.

Ces vitesses d’évolution différentes entre le squelette de la ville et son métabolisme provoquent une tension très forte. La question fondamentale aujourd’hui est donc notre capacité se projeter dans l’avenir, mais avec prudence. Et se poser les bonnes questions.

Dans notre réflexion sur la construction de la ville, il faut regarder le présent avec les lunettes du futur, et non le futur avec les lunettes du présent.

Christian Cleret, Président d’honneur de l’ADI - Association des Directeurs Immobiliers

Christian Cleret, Président d’honneur de l’ADI - Association des Directeurs Immobiliers

Une ville qui se doit d’être adaptable et qui doit repartir de l’écoute des besoins

Pour résoudre cette tension, il faut réfléchir les projets d’urbanisme en incluant les besoins et les désirs des habitants.

Pour Benjamin Delaux (Fondateur de habx), cette écoute des besoins est fondamentale pour construire la ville d’aujourd’hui et de demain. Il faut pour cela savoir utiliser les moyens et les technologies mis à notre disposition, notamment les data, qui permettent de mettre en perspective les désirs immatériels avec les capacités de construction à l’échelle des habitations, mais également du quartier et de la ville.

Alain Maugard (Président de Qualibat) va dans ce sens. Pour lui, nous sommes en train de vivre une passation de pouvoir entre les aménageurs et les citadins.
Alors que jusqu’à récemment les aménageurs pensaient les usages des espaces communs selon leur projection dont ils voyaient les gens vivre en ville, l’événement majeur aujourd’hui est la prise de pouvoir des citadins, qui donnent leurs envies, leurs besoins : une ville adaptable, qui devient un cadre que les citoyens ont le droit de changer.

Pour Sonia Lavadinho, cette importance prise par les habitants dans leurs choix est corrélé au fait que nous vivons de moins en moins dans une économie de masse et de plus en plus dans une économie de niches, qui sont multiples.
Alors que nous avons beaucoup vécu dans des styles de logements - qui impliquent donc des styles de vie - massifiés, cette situation n’est plus possible dans le futur. Cette évolution est notamment due à l’allongement de la durée de vie, qui implique que nos besoins et envie changent plusieurs fois tout au long d notre existence.

Tous insistent sur cette évolution très forte dans la construction des habitations.
Pour Alain Maugard, c’est le retour des espaces pensés pour le commun, décidés et gérés par les habitants. En prenant comme illustration le grand succès des espaces partagés et de l‘économie du partage.

« Ce n’est pas l’individualisme qui est porté en premier, mais ce qui peut rapprocher ceux qui ont envie d’avoir un projet commun »

Pour Christian Cleret, il faut par ailleurs avoir une réflexion sur les immeubles adaptables, susceptibles de répondre aux évolutions des besoins des individus, des citoyens, qui doivent doivent devenir des plateformes de services, modulables. Et l’espace publique doit lui laisser des degrés de liberté et d’appropriation importants.

En illustration, Benjamin Delaux évoque le projet Edison Lite, Lauréat de Réinventer Paris, véritable concentré d’innovation sociale dans sa construction, et qui place l’habitant et son bien être au centre de sa réflexion : 5 espaces partagés, des appartements configurés selon les besoins des habitants, des charges de co-propriété payées par la location d’un commerce en bas d’immeuble…

Pour lui, il est nécessaire d’imposer ce changement qui permet du mieux vivre et de passer d’une économie de l’offre à une économie de la demande.

Il faut inviter un nouveau convive à la table de la construction urbaine : l’utilisateur

Benjamin Delaux, Fondateur habx

Benjamin Delaux, Fondateur habx

Favoriser les liaisons inter-quartiers et les commerces de taille intermédiaires.

Une meilleure acceptation de la vie en ville passe par une meilleure gestion de la mobilité et de l’accès.
Pour Sonia Lavadinho (Directrice de Bfluid), il faut favoriser les liaisons inter-quartier pour pouvoir implanter des dynamique de proximité.

L’enjeu métropolitain est aujourd'hui : « Comment fait-on pour gérer les liaisons qui font 2, 3 ,5 km ?"

Sonia Lavadinho, Directrice de Bfluid

Sonia Lavadinho, Directrice de Bfluid

Il faut également travailler la granulométrie des espaces communs proposés : ne plus se concentrer sur le très gros et le très petit, mais réfléchir à une offre de taille moyenne, qui permet ainsi une densification optimisée de la ville.

08 janv. 2020
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